Koudjêgan " la Mort enchaînée ", était
un enfant trouvé sur le bord d'une piste de brousse ; âgé
de dix-huit ans, il est à la recherche de Kokolie, " la
fille la plus jolie de Wessê "; c'est elle qu'il aime ;
pour elle il s'est battu avec Abalo et l'a tué
Le roman
se manifeste par son " épaisseur " : une forêt
de langage où on est saisi tout de suite par une écriture,
un ton, une voix, le tout parfois repris, insistant, un procédé
hallucinogène qui mobilise l'attention.
Il s'agit, d'abord, d'un long chant d'amour découpé
en soixante et un chapitres, sans ponctuation ; de nombreux thèmes
s'enchevêtrent ensuite : tranches de la vie quotidienne, description
du climat socio-politique, critique de ceux qui reviennent au pays
après l'assimilation de la culture européenne, celle
des dirigeants africains corrompus dont celui de Djèn'Kêdjê
est " un leurre motorisé ". Exaltation des racines,
de la vie traditionnelle, de l'amour sans jamais perdre de vue la
très jolie Kokolie ni l'extraordinaire Koudjêgan, dans
les yeux de qui, surtout par la voix de qui se manifeste la densité
de ce roman dont l'acteur principal est la langue ; une langue riche,
généreuse, souvent crue pour chanter les plaisirs de
la chair.