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La
vie d'Abraham Hanibal est un véritable roman d'aventures.
Enlevé de Logone au nord de
l’actuel Cameroun en 1703, Abraham Hanibal (1696-1781) devient page
du sultan ottoman Ahmed III à Constantinople. Il est converti
à l'islam et reçoit le prénom d'Ibrahim. Mais
à la fin de l'année 1704, il est conduit clandestinement
en Russie à la Cour du tsar Pierre le Grand avec la complicité
de son ambassadeur Pierre Tolstoï.
L'enfant
noir, rebaptisé Abraham et converti à la religion
russe orthodoxe, devient le fils adoptif puis un proche collaborateur
du tsar. De 1717 à 1723, il est envoyé en France où
il obtient son diplôme d'ingénieur militaire et le
grade de capitaine d'armée. Deux ans après la mort
de Pierre le Grand en 1725, il est exilé dans le goulag sibérien
par le prince Menchikov. Par bonheur, l'impératrice Anne
le fait revenir trois ans plus tard lorsqu'elle monte sur le trône...

Au
milieu du XVIIIe siècle, sous le règne de l’impératrice
Elisabeth Petrovna, Abraham Petrovitch Hanibal est l’une des plus
importantes personnalités de l’empire russe : il fut général
en chef de l’armée impériale russe, directeur général
des fortifications et chef du corps des ingénieurs. Il est
l'auteur de deux traités de géométrie et de
fortifications destinés aux élèves ingénieurs.
C’est lui qui introduisit l’enseignement de l’architecture civile
dans les écoles d’ingénieurs militaires de Russie...
La contribution d’Hanibal, surnommé le "Vauban russe", au
développement technique et militaire de la Russie du XVIIIe
siècle est considérable.
Marié
en secondes noces à Christine-Régine de Schoëberg,
issue de la noblesse suédoise, il eut sept enfants dont l’un,
Joseph, sera le grand-père d' Alexandre
Pouchkine (1799-1837), le fondateur de la littérature
russe moderne.
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