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"Abraham
Hanibal, l'aïeul noir de Pouchkine"
par
ANDRE LEBEDEV (Paru
en russe)
Ce
livre est le bilan de plusieurs années de recherches menées
par le chercheur béninois Dieudonné Gnammankou, qui
vit actuellement à Paris. Ses recherches ont pour objet -
comme le montre le sous-titre du livre - la biographie du bisaïeul
de Pouchkine qui avait tant intéressé le poète.
Quelque temps avant la sortie du livre, D. Gnammankou avait partiellement
révélé les résultats de ses travaux
de recherches en publiant l'article "Ibrahim Hannibal" dans le journal
russe Rossijskie Vesti du 02 juin 1995, et en présentant,
à un colloque consacré aux Etudes de Pouchkine hors
de Russie qui s'est tenu en août de la même année
à Moscou, une communication sur le lieu de naissance d'A.
P. Hannibal (1696-1781).
Nous
voici donc en possession d'une nouvelle biographie du "Nègre
de Pierre le Grand", comme l'appelait son célèbre
arrière-petit-fils. La contribution principale du
chercheur béninois aux Etudes "Hannibaliennes" - on peut
juger du bien-fondé de l'emploi d'un tel terme par la quantité
impressionnante des positions qui figurent dans la bibliographie
en annexe du livre - est d'avoir identifié l'origine d'Hannibal.
Ce dernier est né dans la ville de Logone à l'extrême
nord du Cameroun actuel. Il y a toutes les raisons de supposer que
le père d'Hannibal fut le Miarré (prince) Broua (Brouwa)
qui régnait sur cette région à la fin du XVIIeme
siècle. Enlevé en 1703 et vendu au sérail du
sultan ottoman, le petit Ibrahim qui était âgé
de sept ans, fut acheté par un marchand russe et envoyé
en 1705 à la cour de Pierre Ier; lors de son baptême,
le garçon reçut le prénom Abraham. Dès
lors sa vie sera étroitement liée à la Russie.
Abraham Pétrovitch traversera les épreuves de la vie
les plus diverses, sera général de l'armée
russe et un spécialiste réputé dans le domaine
de l'hydraulique et du génie militaire.
Entraînant
l'imagination du lecteur de l'Afrique centrale en Turquie, de Turquie
en Russie, puis en France - où de 1717 à 1724, le
favori de Pierre Ier étudia le génie militaire et
servit par la suite dans l'armée française - et de
nouveau en Russie, et présentant son héros non seulement
dans son contexte historique, mais aussi dans sa vie privée
- un premier et malheureux mariage avec une femme infidèle
qui tenta même de l'empoisonner, un deuxième mariage
qui apporta le bonheur familial longtemps attendu et qui marqua
le début de la lignée des Hannibal, - D. Gnammankou
fait un récit fascinant où la voix du narrateur semble
se dissoudre dans les voix de l'époque et du héros
dont les lettres sont abondamment citées dans le livre. L'histoire
de cet homme au destin exceptionnel devient ici un roman historique
sans que le livre perde pour autant sa valeur scientifique.
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