| www.gnammankou.com Site d'information de l'historien et slaviste Dieudonné Gnammankou |
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La traite négrière appartient au passé de la Ville. Mais les Nantais connaissent moins « l'autre » traite, celle qui alimentait le réseau des pays de l'est aux XVIII'", XIXe siècles. Dieudonné Gnammankou, historien de l'Afrique et du monde slave, était l'invité de l'université permanente hier. C'est lui qui a révélé en 1995 les origines camerounaises de Pouchkine. |
Mon intérêt pour cette région du monde est fortuit. À l'école, j'ai étudié l'anglais et l'espagnol. Après avoir eu mon bac au Bénin, j'ai demandé à avoir une bourse pour l'étranger. Je voulais partir en Espagne, aux États-Unis ou en Angleterre. Cette année-là, il n'y en avait plus. La seule proposition qui m'ait été faite est laRussie. J'ai accepté. J'ai étudié la langue et la littérature russe. J'ai fait des recherches sur l'Afrique dans les textes russes et c'est ainsi que j'ai abordé l'uvre de Pouchkine, dans laquelle les personnages africains sont présents.
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Des centaines de milliers de personnes, dont beaucoup d'enfants, ont été extirpées du Cameroun, du nord Nigeria, du Tchad et envoyés dans l'empire Ottoman, jusqu'au Caucase russe, l'actuelle Géorgie, au XVIIIe siècle. Ils servaient dans l'armée des sultans. D'autres étaient réduits à l'état d'esclaves. C'était la mode d'avoir des pages noirs dans les sociétés aristocratiques russes. Il y a eu aussi une deuxième traite, la « Transsaharienne », qui a consisté à déplacer des populations africaines par le Sahara vers le Moyen-Orient.
Le sujet est resté un peu tabou. Sous le régime soviétique, le pouvoir l'a nié, affirmant que les « oppresseurs » étaient les États-Unis. Aujourd'hui, avec l'effondrement de l'URSS, les chercheurs quittent le pays. Seule l'historienne russe Lily Golden, dont le père était noir américain, a exploré le sujet.
Elles se sont mélangées au fil des générations, en Russie. Au nord de la Géorgie, en Abkhazie, subsiste une communauté noire. Une autre est présente au Monténégro. Je compte m'y rendre pour réaliser un docu- mentaire sur ces deux communautés.
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| Recueilli par Vanessa RIPOCHE. Abraham Hanibal, l'aïeul noir de Pouchkine, Dieudonné Gnammankou, 1996, rééd. 1998, chez Présence africaine. |
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Dieudonné Gnammankou
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