|
Notes
1 Voir
D. Gnammankou "La traite des Noirs en direction
de la Russie" in La Chaîne et le lien, Doudou DIENE
(Ed.), Paris, Editions Unesco 1998.
2
Czeslaw Jesman , 1966, "Early Russian Contacts with Ethiopia" in
Proceedings of the Third International Conférence of Ethiopian
Studies, Addis Ababa, Institute of Ethiopian Studies, Haile Selassie
I University, p. 253-267.
3
Lettre au Sénat russe, 1742. Dans ce document autobiographique,
Hanibal ne précisa pas toutefois le nom du pays où
se trouvait la ville de Logone. Un demi-siècle plus tard,
Rotkirkh, gendre d'Hanibal écrivit que celui-ci était
un Nègre d'Abyssinie dans un document connu sous le nom de
Biographie allemande. Vers la fin du XIXe siècle, à
l'approche du centenaire de la naissance du poète, on chercha
en Russie à déterminer le pays d'origine du bisaïeul
noir de Pouchkine. En 1899, un savant russe, Anoutchine annonça
qu'il avait découvert la ville de Logone en Ethiopie. Ainsi
naquit la légende de l'origine éthiopienne de Pouchkine.
Mais Anoutchine avait procédé à une falsification
toponymique en transformant Logo - Tchova, le nom d'un village du
nord de l'Ethiopie en Logone. Quelques décennies plus tard,
Vladimir Nabokov entreprit de retrouver en Ethiopie la ville de
Logone conformément aux indications d'Anoutchine. Sans succès.
Ayant conclu que la Biographie allemande où était
mentionnée l'Abyssinie était une source d'information
pleine d'erreurs, et s'étant rendu compte que dans l'article
d'Anoutchine, le toponyme éthiopien "Loggo ou Logo" était
miraculeusement devenu d'un commentaire à l'autre "Loggom,
Logom" puis "Loggon, Logon", Nabokov décida d'ignorer le
travail de celui-ci afin de mener ses propres recherches. Il recommença
à zéro et ne retrouva pas Logone en Ethiopie. En réalité,
la ville de Logone se trouvait ailleurs en Afrique, dans une principauté
du même nom située dans le bassin du Lac Tchad, territoire
autrefois appelé Soudan Central (actuel Cameroun). C'est
la conclusion à laquelle nous sommes parvenus après
une étude critique de tous les travaux de nos prédécesseurs
et de nouvelles recherches (cf. les articles 1- Otkuda rodom Ibragim
Gannibal, Rossiyskie Vesti, n°101 du 02 juin 1995, pour la version
française : "Où est né Abraham Hanibal?", in
D. Gnammankou, 1996, Abraham Hanibal, l'aïeul noir de Pouchkine;
et 2- "Nouvelles recherches sur les véritables origines africaines
d'Abraham Hanibal", paru dans The Herald of the Russian Academy
of Sciences, Tome 65, N°12, déc. 1995.
4 Boukalov,
Roman o carskom arape, (Le roman sur le Nègre du tsar), Moscou,
Prométhée 1990, p. 22.
5 Emile
Haumant, Pouchkine, Paris et Cie éd., 1911, p. 14.
6
Extrait de A.S.Pouchkine, Correspondance (non traduit), Moscou,
Editions Nauka, 1965, t.X, p.49.
7 Boukalov,
Roman o tsarskom arape, (Le roman sur le Nègre du tsar) 1991,
p.27.
8 En
mai 1820, Pouchkine fut exilé dans le sud de l'empire russe
pour avoir écrit des vers politiques, en particulier l'Ode
de la liberté. En juillet 1824, il fut transféré
au Nord-Ouest de la Russie, à Mikhailovskoé après
que la police eût intercepté une de ses lettres contenant
des idées athées (D. Blagoj, Alexander Pushkin, Unesco,
1981). C'est Nicolas I, devenu empereur après la mort d'Alexandre
I, qui mit fin au second exil de Pouchkine en septembre 1826. Les
ennuis du poète avec le pouvoir ne furent pas pour autant
terminés car Icolas I décida d'être lui-même
le censeur de Pouchkine et il le fit mettre sous surveillance policière.
9 Pierre
Arminjon, Pouchkine et Pierre le Grand, Paris, Librairie des Cinq
Continents 1971.
10
Avant son mariage en 1831 avec Nathalie Gontcharova, Pouchkine s'était
fait remarquer à Moscou et Pétersbourg par ses nombreuses
aventures. Il aimait les femmes et tous les plaisirs des sens et
de l'esprit qui étaient pour lui autant de dons du Ciel (D.
Seseman). Ses admiratrices étaient nombreuses dans la haute
société et il immortalisa certaines de ses amours
dans de nombreux vers. Pouchkine qui s'estimait "laid" était
pourtant considéré comme beau et très séduisant
par les femmes.
11
Mir Puskina (Le Monde de Pouchkine), St. Pétersbourg, Pouchkinski
Fond, 1993, T. I.
12
Pouchkine, Œuvres complètes : Autobiographie, critique, correspondance,
traduction d'André Meynieux, Paris, André Bonne Editeur
1977..
13
Vladimir Nabokov, Pushkin and Hannibal, in Encounter, n°106, 1962.
Legendy i mify o Puskine (Mythes et Légendes sur Pouchkine),
St. Petersbourg, Akademitcheski Projekt, 1995, pour la traduction
russe .
14
cité par Boukalov, ibid.
15
Lettre d'Anna S. Hannibal à D. Anoutchine, d'Odessa, le 6
11 1899 in Vsesojuznaja Biblioteka V.I. Lenina, Trudy, Sbornik IV,
Moscou 1939, p. 163.
16
N. L. Brodski, A. S. Puskin - Biografia, (A. S. Pouchkine, une biographie)
Moscou, 1937, p.572, cité par Boukalov, Roman o tsarskom
arape, (Le roman sur le Nègre du tsar) 1991, p.120.
17
Louis Martinez, Alexandre Pouchkine, Poésies, Gallimard 1994.
18
Marina Tsvetaeva, Mon Pouchkine, Paris, Clémence Hiver, 1987.
19
Legendy i mify o Puskine (Mythes et légendes sur Pouchkine),
St. Petersbourg, Akademitcheski Projekt, 1995.
20
N. I.Granovskaïa, Esli exat' vam slucitsa... (Au cas où
il vous arriverait d'aller...), Leningrad., Lenisdat, 1989.
21
Boukalov, op. cit. Traduction de l'auteur.
22
Pouchkine écrivit en 1824 de Mikhaïloskoé à
son ami Yazykov les vers suivants :
Dans
le village où le pupille de Pierre
Des
tsars et tsarines le serviteur aimé
Et leur compagnon resté dans l'oubli
Se réfugiait mon bisaïeul nègre,
Ayant oublié Elisabeth et les autres,
Et la Cour et les somptueux banquets,
Sous l'ombre des allées de tilleuls
Pensait durant les froids été
A son Afrique lointaine,
Je t'attends.
23
A. Pouchkine, Début d'Autobiographie, in D. Gnammankou, Abraham
Hanibal, l'aïeul noir de Pouchkine, Paris, Présence
Africaine, 1996, p. 208.
24
Traduction de Louis Martinez, ibid.
25
Traduction d'André Meynieux, in Pouchkine. Oeuvres complètes.
Autobiographie. Critique. Correspondance, Paris, André Bonne
Editeur, 1977.
26
G. Alexinsky, Pouchkine l'Africain, in le Figaro Littéraire,
n°276, août 1951.
27
Daniel Zimmerman, Alexandre Dumas le Grand, Paris, Julliard, p.354.
28
Youri Lotman, Pouchkine, St. Pétersbourg, Iskousstvo, 1995,
p. 181.
29
Pouchkine fut le plus illustre des descendants de l'Africain de
Russie Abraham Hanibal. Son épouse, Nathalie, lui avait donné
quatre enfants : Marie, Alexandre, Grégoire et Nathalie.
L'aînée, Marie (1832-1919) fut mariée au général-major
Leonid Hartung. Alexandre (1833-1914) fut général
lieutenant dans l'armée russe. Héros de guerre, il
fut décoré à plusieurs reprises. Son frère
Grégoire (1835-1905) quitta très tôt l'armée
et fit carrière dans l'administration. Il devint conseiller
d'Etat en 1896. Quant à Nathalie, que ses contemporains considéraient
"plus belle que sa mère malgré ses traits africains
irréguliers (sic)", elle épousa à Londres en
secondes noces le prince allemand Nicolas de Nassau qui était
un parent des Romanov, la famille impériale russe. Elle devint
comtesse de Merenberg en 1867. Sa petite-fille la comtesse Nada
de Torbi épousa à Londres en 1916 le prince allemand
Georges de Mountbatten , l'oncle de Philippe d'Edimbourg, l'époux
de la reine d'Angleterre, et devint marquise de Milford-Haven. De
nos jours, les nombreux descendants de Pouchkine vivent aux quatre
coins du globe.
|