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Prochain roman à paraître d'Eugène Ebodé : La dette du père
En exclusivité sur le site Gnammankou.com, lisez le Premier chapitre
de La dette du père,
Ebodé, Tous droits réservés)

II


EUGENE EBODE


La dette du père

Roman

Chapitre 1 : Ultime causerie


DEUXIEME PARTIE


J'avais acquiescé par un signe de tête, après avoir vérifié, à travers l'entrebâillement de la fenêtre, que Thimoté Ichar marchait toujours dans la cour. La tête de plus en plus enfoncée dans les épaules, il était perdu en lui-même.

"Ichar m'est cher... Nous avions voulu vivre autrement... Il est fidèle en amitié. Il te donnera le conseil approprié. J'ai en effet confiance en lui, même si la confiance n'est pas forcément le sentiment qui doit dominer chez un être. Il faut la donner avec réticence et être prêt à la retirer à la moindre défaillance. Avec Ichar, je n'ai pas eu à lui retirer quoi que ce soit. Avec les trois autres aussi. Syracuse, c'est ton parrain. Il ne te laissera pas tomber. Bref, sache que nous voulions vivre autrement …Sache par exemple que Kamga, élevé dans l'idée de reprendre les plantations et la chefferie familiales, dans la pure tradition bamiléké, avait aussi écarté cette perspective. Enfin quoi ! on lui proposait de s'enfermer dans une case pourrie de son village et de s'occuper des épouses édentées d'une chefferie branlante. Après les obsèques de son père, il n'a pas accepté de dormir une nuit de plus dans son village où des hommes courbés et fatigants attendraient tout de lui. Quel intérêt aurait donc eu Kamga à se réfugier dans un non-lieu ? Les jeunes qui y étaient nés s'enfuyaient vers Bafoussam, la coquette, quand les plus courageux filaient directement à Douala où nous nous sommes rencontrés. Seules les chèvres acceptaient de veiller sur les ruines, les friches et les cases recouvertes d'herbes folles. Retiens de tout ceci que le désir est à la base de tout. Si on le perd, la vie est achevée. En l'absence du désir, nous agissons petitement. C'est pourquoi on m'a donné le surnom de "Patrouillard ".
J'étais constamment en patrouille, toujours à l'affût, porté vers l'avant par la soif de vie et le goût de la cadence ! Oui, il faut toujours être en chasse si on veut se saouler de bonheur. Eugène, tu es taciturne, tu aimes réprimer tes envies, parce que tu veux pour le moment te démarquer de ton père. Cela se voit. Je le conçois ! c'est dans l'ordre des choses. Cependant, lorsque la sève du désir monte, ne la refoule pas trop ! Tu risqueras plus tard de nourrir d'inutiles regrets. Nous étions cinq... Kamga, le bamiléké, Bakio le bafia, ancien séminariste, Ichar, le timide Boulu, et ce vieux Syracuse, ce faux blanc et ce vrai frère qui a été mordu par l'Afrique et qui a été attaché à elle, comme un fer à un aimant. Il te racontera lui-même les débuts de notre amitié. Je n'ai plus beaucoup de temps. Eugène, voici ce que j'ai à te dire... "

Il ferma les yeux comme pour reprendre son souffle et, tournant plusieurs fois sa langue et s'humectant les lèvres, il poursuivit :
" Alors, écoute… Avant notre mariage, ta mère a été blessée par mon refus de payer sa dot. Elle en a essuyé les moqueries qu'on déverse sur les filles qui se marient sans observer les rites traditionnels. Ses parents aussi ! Mais c'est ta mère qui m'intéresse… Elle m'en a sûrement voulu et elle a gardé de cet affront une profonde amertume. J'ai beaucoup réfléchi à la manière de réparer les torts que je lui ai jadis causés et qui courent encore dans le cœur de ceux qui ont vécu cet événement. Réparer ! Tu le vois, je ne suis plus à mesure de le faire moi-même. Je veux donc que tu accomplisses cette mission-là. Elle te mènera aussi à ton propre accomplissement. Il y aura certainement, dans cette perspective que je dessine et que j'espère que tu suivras, un peu moins de pourriture dans le royaume de Danemark... Qu'ai-je de plus à te dire ? Douala est mon tombeau et mon paradis. Je veux donc être enterré ici. C'est la ville qui m'a donné l'occasion d'oser et de vivre ce que je n'aurais pu tenter ailleurs. Je te parlais de notre bande... Quand nous nous sommes rencontrés, nous étions tous des nouveaux venus à Douala.
J'avais jusqu'alors vécu à la campagne, et très peu à Ongola qui en était tout proche. La campagne, c'est la campagne ! C'est le visage de la mort qui te nargue. Je le pense, mon petit ! Même Syracuse, mon frère blanc, ce Lomagnol qui a quitté sa petite commune de Lectoure pour venir pourrir ici, avait toujours détesté les grandes villes. Mais il a aimé Douala, cet endroit où on ne pourrit que si on est une crevette. Tu m'entends, une crevette ! Syracuse, ton parrain, il faudra que tu lui parles et qu'il te raconte notre rencontre… Il dit avoir souffert de la disparition des ormeaux dans son Gers natal. Ils protégeaient la vie des gens des regards et de la curiosité malsaine. Tu remarqueras, à propos des arbres, que les nôtres sont rasés sans que nous soyons capables d'émettre la moindre protestation. Que veux-tu faire demain ? "

- Jouer au foot…
- Alors, ton foot… vas-y ! Après tout, le ballon est rond comme la terre. Qui pousse le ballon, pousse peut-être la terre. Mais où ?… Tu ne me demandes pas comment ton parrain Syracuse est arrivé en Afrique ? La curiosité n'est vraiment plus ce qu'elle était. Je vais te le dire ... Ah ! ce bruit... Donne-moi de l'eau et va fermer la gueule à ce chien qui n'arrête pas de se lamenter sous ma fenêtre. Si c'est ma mort qu'il annonce, je n'ai pas besoin qu'on me le crie si fort dans les oreilles. Il trouvera bien quelqu'un d'autre qui lui donnera des os à ronger. S'il est par contre en manque, qu'on lui trouve une chienne et qu'en la foutant, il me foute aussi le camp ! ... "
J'avais quitté la chambre et, à coups de cailloux, expédié le bouledogue hors de la concession, sous le regard hagard de Ichar. Revenu auprès de mon père, j'entendis le claquement de sa langue annonçant la reprise de son récit :
" Alors, en ce temps-là, Douala était, c'est vrai, plus frémissante et plus colorée qu'aujourd'hui. Elle excitait davantage l'imagination. Quoi, vous ne le voyez pas ? Elle perd tout et même son vieil air rebelle d'antan se trouve lui-même en cours de liquidation. Les jeunes, on dirait à vous voir que les charmes de Douala se sont épuisés. Je n'ai jamais compris la mollesse que votre jeunesse affiche avec une insolence suicidaire. Vous ignorez la chance que vous avez de vivre en ville. Elle vous étouffe ? Quelle plaisanterie ! Elle n'étouffe que les ramollis et les résignés. Or je ne voudrais pas que tu te mettes en retrait du désir de vie. Douala, à l'image des vraies cités, donne à chacun une garantie d'anonymat et, surtout, un pouvoir d'élévation.
J'ai fait son chemin, à toi de faire le tien. Mets sur la bâtisse qu'est ta vie la toiture qui empêchera à l'eau de rentrer. Ce que vous appelez aujourd'hui réussite, nous le percevions comme une envie, une décision et une aventure. J'ai cru comprendre que votre mère caresse l'idée de vous ramener au village après ma mort ? N'y va pas t'enterrer ! Le passé y est assommant. Nous y sommes encombrés de mille vies défuntes alors qu'une seule est si lourde à porter. Écoute-moi, quand j'avais ton âge, les dimensions de Douala, ses différents quartiers et leurs activités, les vies multiples que nous pouvions y inventer, les rythmes divers qui se glissaient en nous et hors de nous, tout cela nous avait conduits à regarder de haut la cueillette du vin de palme, la culture du manioc ou les activités pastorales d'antan qu'offraient chichement les villages d'où nous avions surgis comme des morts-la-faim. Non, ne pense pas que je veux noircir à l'excès le tableau. Mais enfin, ce n'est pas parce que, une fois par an, la fête y donnait un semblant d'animation que nous allions nous satisfaire de la routine qui la caractérise. Dernièrement, j'ai entendu ta mère évoquer les glorieux lutteurs de son village. J'en ai aussi connus. C'étaient presque toujours les mêmes qui étaient chargés de réveiller le bourg de sa torpeur. On les poussait sur la place du petit marché ; on enduisait leur corps de graisse de poulet et ils devaient essayer de s'agripper les uns aux autres et de faire mordre la poussière au perdant. N'y parvenant pas avec les mains, ils utilisaient leurs dents. Et ils s'arrachaient la peau jusqu'au sang. Et ils buvaient le sang de l'adversaire et ils ne crachaient pas les lambeaux de chair qu'ils avalaient sous nos yeux incrédules. Ils avaient l'obligation de tenter de rompre, biceps contre biceps, mâchoire contre mâchoire, la torpeur qui terrassait les villageois. On se mordait à belles dents, les yeux saignants, enivrés par les applaudissements frénétiques de la foule ; on entretenait, à travers le choc des canines dans la chair sensible de l'homme, ces vieilles pratiques anthropophages qui nous pourrissent le cerveau. C'était le village. Et tu t'étonnes que j'aie voulu me retirer de la bestialité qui y était entretenue comme une fleur de cactus ? Je te le jure, une fois par an, après la lutte, les houes s'alignaient devant le grenier du chef et un sorcier venait vomir ses incantations. Puis chacun allait s'abrutir d'alcool de manioc avant de grimper sa " chacune " le soir, et de ronfler jusqu'à faire trembler le toit du ciel. Voilà ce à quoi j'ai voulu échapper. A boire !"

Comme il avait soif, je m'étais empressé de lui tendre une calebasse remplie d'eau fraîche.
- Pas ça, grogna-t-il, du vin ! Un dernier verre, avant la longue route qui m'attend. Voilà qui me réchauffera !
" Merci, dit-il après avoir avalé une gorgée de vin. Peux-tu nier, reprit-il avec une vigueur qui me surprit, que Vilaria, ta mère, vous a surtout bourré le crâne avec ses conneries concernant les prétendues beautés du village ? Du sien en particulier. Je te vois gobant ses histoires avec les yeux ronds comme des papayes. Elle racontait, d'ailleurs avec des approximations que vous ne pouviez relever, les soirées autour du feu, les danses des marionnettes, les jeux dans la rivière, les rites initiatiques, les cueillettes des cerises et des fruits sauvages, l'apprentissage de la vie de femme, l'art de nouer des tresses bien droites, de cuisiner les chenilles collectées sous les palmiers, de confectionner un vêtement pour la fête, de se fabriquer des chapeaux avec des feuilles de bananier et des fines lianes de la forêt. Elle évoquait les palabres, les moments passés à écouter les proverbes Beti. Tout cela est joli, mais pourquoi diable ces villages-là ne respirent-il que l'ennui et la mort avant l'heure ? Moi, Karl Ebodé, avant de crever, je te dis que je n'ai pas accepté de remettre mes pas dans des sandales usagées. As-tu remarqué ce qui subsiste du brillant village dont ta mère n'a eu de cesse de vanter les mérites ? De pauvres ânes, aussi gringalets que les hommes et les femmes qui marchent péniblement à leurs côtés ! Où vont-ils les uns et les autres ? Ils vont ramasser de maigres récoltes ! Le cacao ne rapporte plus rien, les plantations de manioc sont mangées d'herbes folles, la terre se durcit à vue d'œil et les larmes ne suffisent plus à la rendre plus perméable aux pioches et aux bêches. Ces rigidités témoignent bien que le garrot qui se resserre autour de notre monde, va bientôt précipiter son agonie. Par contre, n'as-tu pas observé l'agitation et l'animation permanentes dans les villes ? Les hommes y bougent sans cesse, l'excitation y règne, et elle alimente la volonté de prospérer. L'homme devient une bête quand ses horizons sont clos. Il tourne en rond et s'abrutit. Lorsqu'une telle sensation le gagne, ça veut dire qu'il a peur. Pourchasse, mon Eugène, pourchasse la peur avec la même fureur que celle qui te pousse à écrabouiller le moustique qui vient boire ton sang. J'ai choisi la vie trépidante parce qu'il n'y a de vie que dans le mouvement. As-tu vu ce qui se déverse dans une ville ? As-tu vu ce qui vient des autres mondes qui nous signalent leur supériorité ou leurs avancées ? N'as-tu pas été frappé par ce qui arrive des airs, des océans et des fleuves ? Regarde attentivement ce que peuvent vomir les ventres des avions. Tu n'as jamais été étonné par la quantité d'objets transportés par les paquebots ? Et tous ces câbles magiques qui s'enfoncent dans le ventre de la terre et qui font circuler l'électricité ou la parole, ça ne t'a jamais émerveillé ? Les machines que le cerveau de l'homme a inventées ont complètement bousillé nos pauvres manières de vivre et elles ont fécondé une agitation qui m'a toujours mis en ébullition. Prends conscience de ça et essaye d'apposer ta griffe sur la chair de l'avenir.
Je ressentais autrefois confusément certaines idées qui me viennent maintenant avec clarté. Faut-il alors en conclure que nous ne percevons les choses dans leur netteté que lorsque tout est fichu ? Au soir de cette vie, je ne regrette pas la bravoure et l'outrecuidance avec lesquelles j'ai mené ma barque. J'ai gommé l'ennui et répudié avec lui quelques vieux dogmes : le respect des anciens, la fascination des pouvoirs occultes, les prosternations ridicules devant les mœurs antiques. Nous avions été à l'école nouvelle. Nous, nous savions lire, compter et écrire. Ta mère, qui n'a pas fréquenté les bancs d'une classe ne pouvait pas comprendre notre état d'esprit. C'est bien pourquoi elle a éprouvé tant de difficultés à épouser notre manière de vivre. Mais nous n'avions pas fait que singer les modes importées. Nous avions refoulé les colons et gagné notre liberté. Cela n'avait pas été simple car on a vite fait de se convaincre que la cuisine du voisin est toujours la meilleure. J'ai à présent accumulé trop de fatigues pour m'étendre sur ce sujet. Celui qui te concerne est ma dette d'honneur… "

Après une pause suivie de deux toussotements, il reprit :
" Alors, je n'ai pas réglé la dot avant d'épouser ta mère. C'est le seul poids qui encombre ma conscience. J'ai, là aussi, voulu congédier la coutume. J'ai choisi de conduire ma femme à la mairie de New-Bell, et non au village. Il y avait en effet de nouvelles mairies à Douala qui ne demandaient qu'à accorder aux jeunes couples le droit de commencer une vie commune convenable. Je n'avais plus le temps de m'embarrasser des pesanteurs de Mitouba, le village de ta mère. New-bell, en plus, était le quartier général de notre maquis. J'étais attaché à ces lieux où nous avions tant risqué nos vies dans l'action clandestine et insurrectionnelle. Qu'on ne te raconte donc pas de salades, ce n'est pas parce que j'étais désargenté que je ne me suis pas présenté au village avec les quatre chèvres, les quatre dames-jeannes de vin rouge, les quatre sacs de riz, les quatre sacs de morue séchée et les quatre boas boucanés que tes oncles, tantes et grands-parents attendaient. Voici, Eugène, les enveloppes que j'aurais dû leur donner. Je te les confie. Conserve aussi ce vieux dictionnaire Larousse, mon complice et fournisseur de mots…"

Une quinte de toux l'avait interrompu. Quand elle cessa, il me tendit le dictionnaire, puis les enveloppes marron qu'il avait tirées d'une vieille malle :
" Avec cet argent tu achèteras de la morue et des cadeaux. Ma belle-famille, en les recevant, éteindra sa vieille colère. N'oublie pas le boa boucané que ton grand-père adore ; tu lui en offriras quatre. Quant aux chèvres, ta grand-mère aime particulièrement celles qui viennent de chez Atedzoé, l'éleveur du village voisin de Mitouba. On te conduira chez lui sans problème. Eugène, j'ai aimé beaucoup de femmes, et elles me l'ont bien rendu, mais j'ai choisi ta mère. Ce que je veux que tu saches, est la stricte vérité : en épousant une femme, je n'achetais pas une chose. N'écoute pas les mauvaises langues qui ont prétendu que Vilaria s'était mal comportée, raison pour laquelle j'avais refuser de payer la dot. Non, ta mère ne m'a jamais trompé. Sa fidélité n'a jamais été en cause. Même si elle se trouve aujourd'hui au chevet de ton grand-père et de ta grand-mère, même si elle n'est pas là pour assister à mon dernier souffle et recueillir mes ultimes pensées, je ne l'accuse que d'une chose : d'avoir été trop respectueuse de son vieux monde. Je te l'ai dit, ton grand-père maternel, cet autre vieux clou qui plie mais ne se tord pas, résistera mieux que moi au mal qui l'attaque. Et puis, c'est un comédien... Je le soupçonne de réclamer ta mère à Mitouba pour le seul plaisir de me mettre en colère. La vengeance... Tant que ce type-là pourra simuler des malaises, juste pour voir sa fille loin de moi, il le fera avec un art consommé de la rancune. Répare mes torts. Fais-le avant la disparition de tes grands-parents. Fais-le, entouré de tous mes amis sans exception. Tu rétabliras ainsi l'honneur bafoué de ta mère. Tu rendras, par-delà l'espace et le temps qui nous sépareront, la quiétude finale à ton père.
Tu échapperas aussi à ce destin commun qui veut qu'un être doive son existence à celui qui a fabriqué la petite goutte. Oui, en gommant ma dette, je pense que tu feras craquer le joug ancien qui étouffe l'humanité. Mais assume toutes les conséquences de cette cérémonie-là. Ne renonce à rien. Concasse la peur ! En payant ma dette, tu seras pleinement installé au commencement et au commandement de ta propre vie. On ne resplendit vraiment qu'avec l'effacement d'une faute ! Je te donne la mienne en héritage ! En réalisant mon vœu, tu t'élèveras. Alors…"


Fin du Premier chapitre du roman d'Eugène Ebodé,
La dette du père,
Ebodé, Tous droits réservés)

Première partie

 

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Il n'y a pas de littérature sans ratures par Eugène Ebodé, écrivain camerounais

Dernier roman paru d'Eugène Ebodé : Le briseur de jeu , Editions Moreux, Collection Archipels littéraires, Paris, 2000 : Critique : Un roman plein de vie et d'humour, par Alémian Dagan

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Dernière mise à jour / Last updated: le 18 octobre 2001 

 

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