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Notre critique :
Barnabé Laye, un écrivain béninois de la dernière génération

Barnabé Laye
Barnabé Laye, écrivain
© Photo Ulf Andersen (Agence Gamma)

Malgré une forte production littéraire, la dernière génération des écrivains béninois, celle des années 80 et 90 n'est pas très bien connue. C'est le cas du poète et romancier, Barnabé Laye, qui est l'un des auteurs importants de cette période.

De son vrai nom Barnabé Laléyé, cet auteur, qui compte à son actif trois romans et quatre ouvrages de poésie, vit et écrit en France. En 1981, il publie son premier recueil poétique, Nostalgie des jours qui passent, puis deux autres cinq ans plus tard, Les Sentiers de la liberté et Comme un signe dans la nuit. Il a écrit en 1999 un quatrième et savoureux recueil, Requiem pour un pays assassiné, dans lequel il nous parle "d'un pays où les hommes ont deux millions d'années" et "où l'on ne meurt pas". Où les hommes sont si vieux que "ils ont vu passer les gétules et les éléphants d'Hannibal le fils d'Hasdrubal Barca". Ce pays est aujourd'hui "au versant du monde, avec au cœur, la nostalgie des temps révolus, le temps des soleils impétueux, le temps des Empires et des Rois, le temps des Epopées et des Amazones".

En 1988 et 1989 paraissent deux de ses romans aux Editions Seghers (Une femme dans la lumière de l'aube et Mangalor). Le second a été couronné du Prix littéraire des Hôpitaux de Paris. Il faut dire que l'écrivain est médecin et mène parallèlement ces deux activités. Enfin en 1999, il livre son dernier roman, L'adieu au père (L'Harmattan) dans lequel il relate le retour en Afrique de son héros, Bertrand-Joseph, après quatorze ans d'absence. Celui-ci y découvre les contradictions d'une société ouverte à la modernité mais qui reste profondément attachée à sa culture ancienne. Ce voyage est celui de l'adieu au père de Bertrand-Joseph qui meurt pendant le séjour de son fils. Mais les ancêtres meurent-ils?

"L'esprit d'un homme existe avant sa naissance et continue d'exister après sa mort. Le corps n'est que le réceptacle passager de l'esprit dont la destinée est éternelle. Les ancêtres ne meurent pas."

Ce roman, comme les précédents, vibre d'une musicalité propre à la culture yorouba dont est issu Laye: "Je ne peux pas écrire un livre si je n'ai pas trouvé sa musique" nous confie-t-il. Tant dans ses vers que dans sa prose, Barnabé Laye s'exprime à travers une écriture charnelle et poétique, riche en proverbes ou en sentences puisées dans la culture de son pays car avertit-il, "celui qui ne connaît aucun proverbe est un homme perdu, un homme qui n'a pas d'histoire".

Alémian Dagan ©gnammankou.com. Reproduction interdite sans autorisation

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