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Un roman plein de vie et d'humour
Football et pratiques magico-érotico-criminelles Le
briseur de jeu, paru dans la nouvelle collection "Archipels
littéraires" (Editions Moreux), dirigée par Jacques
Chevrier, est dans une large mesure un livre autobiographique. Il retrace
l'itinéraire du mordu de football que fut l'auteur camerounais,
Eugène Ebodé, dans sa jeunesse. Mais c'est avant tout
une fiction dans laquelle le narrateur-gardien de buts (ou du temple
?) y dénonce les violences des esprits chauffés à
blanc, les passions, les irrégularités, les pratiques
magico-érotico-criminelles qui entourent la préparation
d'une finale dont les enjeux dépassent les joueurs. Douala la "frondeuse" Douala
la "frondeuse" devient alors une marmite en pleine ébullition.
Dans les bars, à la plage, au port, dans les rues, partout, l'excitation
est à son comble. C'est donc avec une grande inquiétude
que la ville apprend que les joueurs menés par le gardien Ebodé,
ont refusé de s'entraîner. Les joueurs auraient-ils été
ensorcelés par les puissants marabouts du Nord à la solde
des Dromadaires? Ou bien les avait-on achetés? Sanglante finale Le
dimanche de la finale, les voici donc "prêts à
botter le cuir" face aux Dromadaires au stade de la capitale surnommé
la "bouilloire". Les tribunes surchauffées sont surchargées
de supporters endiablés venus de tout le pays. Mais un premier
incident, une rocambolesque histoire de "sang sur les mains"
retarde le début du match. Sans le savoir, quelqu'un avait commis
un crime d'Etat en portant "atteinte à l'honneur" du
président du Pays des Crevettes. L'armée dut intervenir
et on fusilla séance tenante, mais dans le plus grand secret,
le malheureux qui s'avéra être l'arbitre de la rencontre.
Les pages du roman où Ebodé raconte cet épisode
tragi-comique sont truculentes. Sitoé au secours de l'Afrique Le
Briseur de jeu est un roman plein de vie et d'humour. L'auteur ne
se prive pas de jouer avec certains clichés qu'il caricature
à l'extrême en usant parfois d'un style très cru,
en particulier, ceux récurrents sur la prétendue sexualité
débordante des Africains. Mais derrière la métaphore
du match qui est ici symbole de la vie, Eugène Ebodé invite
les Africains à se ressaisir pendant qu'il est encore temps.
Il prône la fin de la confrontation inutile et stérile,
parfois même stupide au profit d'une nouvelle approche plus intelligente
dans les rapports entre les hommes. Un terme doit être mis au
"piétinement" mais aussi à la "veulerie".
Ebodé
qui se veut aussi polémique, attaque certaines idées reçues.
Il n'hésite pas à affronter des monstres sacrés
de la pensée africaine tels que Amadou Hampaté Bâ
ou Birago Diop. Le vieillard, écrit-il, n'est pas forcément
une bibliothèque pleine de sagesse car "je connais tant
de vieux cons" qui ne "rugissent plus". On doit aussi
écouter les jeunes sinon
Alémian DAGAN, ©gnammankou.com Avis aux internautes, lecteurs et écrivains : Vous pouvez réagir à la lecture de ce texte. Envoyez-nous vos commentaires en remplissant le formulaire ou par e-mail. Ils seront mis en ligne. |
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Il n'y a pas de littérature sans ratures par Eugène Ebodé, écrivain camerounais Prochain
roman à paraître d'Eugène Ebodé : La
dette du père |
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Dieudonné Gnammankou
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